21 décembre 2013

Au poste de secours

Arrivé au poste de secours, qui était installé dans une ferme isolée, on me posa à terre à la suite d'un rempart de brancards occupés, arrivés bien avant moi. Il y en avait une épaisseur d'au moins trente, sur une cinquantaine de mètres de longueur ! - Mais, dis-je à mes hommes, jamais je ne serai pansé cette nuit ! - Attendez, mon Adjudant, dit l'un d'eux. Je vais aller voir le docteur CARLETON et lui dire que vous êtes là, gravement blessé et il s'occupera de vous. Effectivement, peu de temps après, il revint en... [Lire la suite]
Posté par dunbarne à 09:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

14 décembre 2013

Vers le poste de secours

Mon second réveil fut provoqué par la deuxième phase de mon sauvetage. C'était en pleine nuit. Les brancardiers étaient en train de me remuer pour me charger sur leur brancard. C'était la douleur qui m'avait fait sortir du coma. Comment ces quatre brancardiers se trouvaient-ils sur cette première ligne ? Parce que quatre petits gars de ma Section avaient été les chercher, bien loin derrière, et, montrant leurs armes, leur avaient intimé l'ordre de venir avec eux pour me transporter. Ils avaient d'abord rechigné, disant qu'ils... [Lire la suite]
Posté par dunbarne à 09:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
11 décembre 2013

Les régions inconnues de l'évanouissement

Et au moment même où je disais, à mi-voix, pour moi seul : " Celui-ci est pour moi, je parie " Braoûm ! L'obus éclate à une dizaine de mètres derrière moi ; et, aussitôt, je pousse, involontairement, un grand cri : j'étais touché à la cuisse gauche. Je m'affaissai alors sur place et perdis entièrement la notion des choses. J'étais littéralement mort, encore une fois. Quand je repris mes sens, la nuit tombait. Des hommes de ma Section étaient autour de moi : ils venaient voir comment je me comportais, et,... [Lire la suite]
Posté par dunbarne à 09:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
09 décembre 2013

Devant moi, rien n'était entamé

Nous franchîmes ainsi environ deux cent cinquante mètres et n'eûmes, sur tout ce trajet, que deux blessés légers. Puis, nous nous trouvâmes en face du réseau de fils barbelés, toujours debout. Des trous nombreux le parsemaient qui étaient autant de cheminements possibles pour nous. Les occupants d’en face nous tiraient bien dessus, mais nous étions justement abrités par l’épaisseur de leur réseau derrière lequel ils ne nous voyaient plus. Alors, se sentant par trop poussés, ils commencèrent à évacuer peu à peu la tranchée, au fur et... [Lire la suite]
Posté par dunbarne à 09:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
05 décembre 2013

La plaine était couverte des nôtres

Le 5 avril au soir raconté par Georges HUBIN : Les cuisiniers nous dirent que la plaine était couverte des nôtres, tués ou grands blessés, et qu'à l'arrière, à Manheulle bombardé, c'était une véritable bousculade de blessés mobiles qui venaient des lignes avancées. Et toute la nuit, en effet, nous entendîmes les appels déchirants des grands blessés : " Infirmiers ! Brancardiers ! " lancés par des voix angoissées, avec tout ce qui leur restait de force. Au matin, les appels n'étaient plus que clairsemés. Ceux que les... [Lire la suite]
Posté par dunbarne à 08:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
27 juillet 2013

Repas à côté des morts

La nuit arriva, le tintamarre cessa, et je pus rejoindre le reste de la Compagnie qui, avec la troisième, sa voisine, avait réussi à occuper une première tranchée allemande, tranchée avancée, qui fut évacuée lentement par ses défenseurs, au moyen d'un cheminement en serpentin fait de deux talus parallèles, qu'il fallut aller boucher à plusieurs endroits pour la nuit, pour empêcher un retour de l'ennemi par ce boyau. Il y avait eu de grosses pertes chez nous, dans la plaine. Jusque sur cette tranchée, il y avait des tués de la... [Lire la suite]
Posté par dunbarne à 09:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

24 février 2013

Un officier impétueux

[Il y avait dans la] Compagnie de mitraille, un jeune sous-lieutenant tout neuf, un Saint-Cyrien, dont c'était le premier combat. Comme tous les jeunes gens, cet officier ne pouvait admettre qu'on restât là, couché au sol, quand on avait en mains de bonnes armes. Alors, sans ordres, il prit avec lui deux pièces avec leur personnel, et, sans autres précautions que sa présomption, il s'avança, nous dépassa, et disparut vers la droite, derrière la crête qui nous abritait encore. Le Capitaine était furieux. Je l'avais entendu donner à... [Lire la suite]
Posté par dunbarne à 09:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
17 février 2013

Sa tombe ouverte en même temps que l'éternité

Tandis que nous avancions toujours à la même allure, nous fûmes pris à partie par l'artillerie lourde qui nous avait découverts. Un de ces obus tomba juste sur la ligne de ma Section, y faisant une énorme excavation et tuant l'homme qui était couché là. Sa tombe lui était ouverte en même temps que l'éternité. Ses camarades l'y enterrèrent en le poussant, sans se soulever du sol : c'eût été trop dangereux. J'envoyai un autre Caporal pour tenir la liaison. Il revint me dire que nous étions bien en ligne, mais, comme son malheureux... [Lire la suite]
Posté par dunbarne à 08:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
10 février 2013

Une mer de projectiles

Le Caporal revint en rampant. Une mer de projectiles déferlait sur la plaine. Il arriva près de moi, et, à genoux tous deux, il me dit que la Compagnie est à peu près à notre hauteur et que... Flac ! une balle en pleine figure arrête net le compte rendu du pauvre type qui tombe lourdement en saignant à flots. C'était la première balle d'une mitrailleuse allemande qui venait de changer la direction de son tir, puisqu'auparavant, on n'avait pas entendu de sifflements. Mais, à partir de cette malheureuse première balle dont le vent... [Lire la suite]
Posté par dunbarne à 08:50 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :
03 février 2013

Au creux d'une petite ondulation

Au signal donné, toute la compagnie déborde par la gauche et se dirige, en se courbant et en faisant des bonds, vers les emplacements indiqués. La gauche de la quatrième Section devait suivre les bords d'un ruisselet serpentant dans un léger creux et qu'on nous avait vaguement montré : par là, quelque part. En effet, nous arrivons à un petit accident de terrain bien doux, comme une longue vague nonchalante de l'océan. Nous avions atteint notre emplacement. Le sous-lieutenant fait faire face à l'ennemi en ligne déployée, les hommes... [Lire la suite]
Posté par dunbarne à 08:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :