24 février 2013
Un officier impétueux
[Il y avait dans la] Compagnie de mitraille, un jeune sous-lieutenant tout neuf, un Saint-Cyrien, dont c'était le premier combat. Comme tous les jeunes gens, cet officier ne pouvait admettre qu'on restât là, couché au sol, quand on avait en mains de bonnes armes.
Alors, sans ordres, il prit avec lui deux pièces avec leur personnel, et, sans autres précautions que sa présomption, il s'avança, nous dépassa, et disparut vers la droite, derrière la crête qui nous abritait encore.
Le Capitaine était furieux. Je l'avais entendu donner à... [Lire la suite]
17 février 2013
Sa tombe ouverte en même temps que l'éternité
Tandis que nous avancions toujours à la même allure, nous fûmes pris à partie par l'artillerie lourde qui nous avait découverts.
Un de ces obus tomba juste sur la ligne de ma Section, y faisant une énorme excavation et tuant l'homme qui était couché là. Sa tombe lui était ouverte en même temps que l'éternité. Ses camarades l'y enterrèrent en le poussant, sans se soulever du sol : c'eût été trop dangereux.
J'envoyai un autre Caporal pour tenir la liaison. Il revint me dire que nous étions bien en ligne, mais, comme son malheureux... [Lire la suite]
10 février 2013
Une mer de projectiles
Le Caporal revint en rampant. Une mer de projectiles déferlait sur la plaine. Il arriva près de moi, et, à genoux tous deux, il me dit que la Compagnie est à peu près à notre hauteur et que...
Flac ! une balle en pleine figure arrête net le compte rendu du pauvre type qui tombe lourdement en saignant à flots.
C'était la première balle d'une mitrailleuse allemande qui venait de changer la direction de son tir, puisqu'auparavant, on n'avait pas entendu de sifflements. Mais, à partir de cette malheureuse première balle dont le vent... [Lire la suite]
03 février 2013
Au creux d'une petite ondulation
Au signal donné, toute la compagnie déborde par la gauche et se dirige, en se courbant et en faisant des bonds, vers les emplacements indiqués. La gauche de la quatrième Section devait suivre les bords d'un ruisselet serpentant dans un léger creux et qu'on nous avait vaguement montré : par là, quelque part. En effet, nous arrivons à un petit accident de terrain bien doux, comme une longue vague nonchalante de l'océan. Nous avions atteint notre emplacement.
Le sous-lieutenant fait faire face à l'ennemi en ligne déployée, les hommes... [Lire la suite]
27 janvier 2013
Trililili... C'est l'heure
Reprenons le récit de Georges HUBIN , interrompu à la veille de l'attaque du 5 avril 1915 Ses souvenirs sur l'heure sont différents des compte-rendus figurant dans les divers JMO : G. Hubin situe l'attaque le matin, alors qu'elle eut lieu à 14h25. Nous sommes là au coeur de l'attaque avec la 4è Cie :[...] On passa : Heure H = 11 heures 10. Je pris note et réglai ma montre sur celle de la liaison pour être en parfaite concordance. Il y avait encore dix minutes à attendre. Et je puis dire que, dans des conditions semblables, lorsqu'on... [Lire la suite]
04 novembre 2012
A la veille de l'attaque
[...] Autant dire tout de suite que ces sanglants combats furent déclenchés en pure perte. L'acharnement était le même, de part et d'autre : nous voulions percer ; les autres voulaient nous en empêcher. En fin de compte, lorsqu'on eut épuisé une partie de l'armée française et une quantité prodigieuse de munitions, il fallut que nous renoncions à cette entreprise. Et ce fut exactement ce qui arriva aux Allemands, l'année suivante, lorsqu'ils entreprirent de réduire Verdun.
Quoiqu'il en fût, le 5 Avril, jour de Pâques, on nous... [Lire la suite]
28 octobre 2012
Préparation d'artillerie
[...] Depuis deux jours, une préparation intense d'artillerie avait été mise en route, de notre côté, indiquant parfaitement aux gens d'en face que nous allions attaquer et leur permettant de nous attendre de pied ferme, avec tous les honneurs militaires déployés en pareil cas.
En outre, elle avait pour but de détruire, théoriquement du moins, les défenses avancées des tranchées allemandes, c'est-à-dire leurs réseaux de fil de fer.
Enfin, elle devait fixer les forces ennemies et les empêcher d'aller ailleurs où, dans l'esprit des... [Lire la suite]
21 octobre 2012
Derrière le talus
[...] Là, le Capitaine PERONNE que nous avions retrouvé au sortir des tranchées de Champagne, nous donna les directives de l'attaque de grand style qui se préparait pour le 5 Avril : dans deux jours. Le rôle général de chaque Compagnie était tracé ; le Capitaine se réservait d'indiquer sur place, à chaque Section, ce qu'elle aurait à faire.
Nous partîmes, la nuit, de ce pays ravagé pour nous enfoncer dans des bois touffus, humides, mouillés plutôt, qui nous gardèrent jusqu'au 4 Avril au soir, moment où nous vînmes nous installer... [Lire la suite]
14 octobre 2012
La plaine de la Woëvre
[...] Et alors, en pleine vue des Allemands qui ne pouvaient pas ne pas nous voir serpenter sur la colline, nous descendîmes tranquillement au gros village d'Haudiomont, en bas, dans la plaine de Woëvre. Nous y entrâmes musique en tête et drapeau déployé. Le haut commandement devait avoir des raisons particulières pour faire tant de mise en scène à la vue et à l'oreille des Fritz, car, partout ailleurs, au contraire, on prenait les précautions les plus infimes pour passer inaperçus, très loin et longtemps à l'avance.
Deux jours... [Lire la suite]
07 octobre 2012
Au loin, la Lorraine !
[...] Une nuit, nous nous mîmes en route par la première côte prenant pied au bord même du village, sur une belle route bien entretenue. Seule, certainement, l'infanterie empruntait cette voie. Toute cette côte était fortement boisée. Après elle, nous en trouvâmes une autre, puis encore une autre plus haute, si bien qu'au petit jour, nous longions les glacis du fort du Rozelier, l'ouvrage le plus avancé au Sud de Verdun dans cette région. Il était profondément endormi et nous ne nous y arrêtâmes pas.
Au sortir de la forêt, sur la... [Lire la suite]











