Le 5 avril au soir raconté par Georges HUBIN :

Les cuisiniers nous dirent que la plaine était couverte des nôtres, tués ou grands blessés, et qu'à l'arrière, à Manheulle bombardé, c'était une véritable bousculade de blessés mobiles qui venaient des lignes avancées. Et toute la nuit, en effet, nous entendîmes les appels déchirants des grands blessés :

" Infirmiers ! Brancardiers ! "

lancés par des voix angoissées, avec tout ce qui leur restait de force.

Au matin, les appels n'étaient plus que clairsemés. Ceux que les brancardiers n'étaient pas venus chercher étaient morts, tout seuls, abandonnés dans la boue et le froid de la nuit. Le Capitaine PÉRONNE était blessé encore une fois et évacué.

Le commandement de la Compagnie revenait de nouveau à notre ancien sous-lieutenant dont j'ai complètement oublié le nom.[...]

Source : Georges HUBIN - Ma vie - Mes campagnes - Ma guerre  -  Tome V, avec l'autorisation de Michel EL BAZE