Extrait de la notice du Livre d'or de l'Institution St Geneviève de Versailles (merci à Hervé pour cette communication) :
Engagé volontaire au 4è régiment de Dragons en 1910.
Passé dans l'infanterie sur sa demande au 97è RI en 1915. Sous-lieutenant, passé au 414è RI puis au 147è RI.

Titulaire d'une première citation à l'ordre de la brigade pour son attitude lors des combats de Pareid (55), combats au cours desquels Pierre LAGRANGE sera blessé le 5 avril 1915.

Promu Lieutenant en juin 1915, cité à l'ordre de l'armée :
Officier d'une haute valeur morale et d'une énergie à toute épreuve. Chargé avec sa compagnie d'appuyer l'attaque d'une compagnie de première ligne, a par son attitude personnelle décidé du succès. A pris pied sur la position conquise et y a résisté à plusieurs contre-attaques ennemies.

Le 18 mars 1916, titulaire d'une nouvelle citation à l'ordre de l'armée :
A dans la nuit du 5 au 6 mars 1916, dirigé avec un rare sang-froid et une belle énergie une attaque de sa compagnie contre un poste ennemi avancé ; a réussi, malgré un feu violent de bombes et de mitrailleuses, à pénétrer dans l'ouvrage bien qu'il fut fortement organisé. A fait preuve, au cours de cette opération de décision et d'opiniâtreté. Officier extrèmement brave au feu, véritable entraîneur d'hommes.

Le JMO du 147è RI indique quant à lui, à la date du 5 mars 1916, que :
l'opération [...] ne donne malheureusement aucun résultat. Il semble que la malchance se met de la partie.

La nouvelle de la mort du Lt DE BRISIS figure au JMO du 147è
Le 20 mars vers 16h30, la Brigade nous apprend que le Lt D'HERAIL DE BRISIS, commandant la 4è Cie, cantonné à Lacroix, avec sa Cie, vient d'être tué au cours d'un bombardement assez sérieux de ce village. 2 hommes de cette Cie ont été également blessés. [...]

Le JMO de la 7è Brigade indique :
Calme jusque vers 15 heures. A ce moment l'ennemi tire sur nos cantonnements et en particulier sur Lacroix et Dompcevrin. Sur Lacroix 10 obus de 210 à 15 heures et bombardement soutenu par 105 et 77 de 16h à 17 h.

Enfin un dernier témoignage, celui que rapporte Ernest REPESSÉ :
[...] A 20h30, nous apprenons par un agent de liaison qui vient de Lacroix que le lieutenant DE BRÉSIS (sic) a été tué par un éclat d'obus au ventre. C'est une imprudence de sa part car à Lacroix, nul ne doit sortir en plein jour et il avait fait une prise d'arme pour sa compagnie pour la remise des Croix de guerre de l'attaque du Moulin de Roblincourt [Relincourt]. La compagnie était rassemblée dehors, la remise des décorations était finie et il faisait un discours quand les obus commencèrent à tomber dans le village. Il dit :

Ce n'est pas la peine de fermer le banc, rentrez vite dans vos cantonnements !

A peine terminé, les Allemands envoyaient une marmite à quelques mètres de lui, le blessant au ventre ainsi que deux autres soldats. Il succomba quelques minutes après.

21 mars 1916
La mort du lieutenant est officielle et il sera enterré à Benoiteveaux (Benoite-Vaux) à 9h45 aujourd'hui.[...]

Sans_titre
Source Google Maps

Décédé à Lacroix sur Meuse, Henry D'HERAIL DE BRISIS fut inhumé dans un premier temps à Benoite-Vaux. Son corps fut ensuite inhumé à la Nécropole nationale d'Haudainville, où furent regroupées les sépultures du carré militaire d'Haudainville et de Benoite-Vaux.

Henry DE BRISIS sera nommé Capitaine à titre posthume et titulaire d'une nouvelle citation à l'ordre de l'armée :

Officier de tout premier ordre, fanatique, d'une bravoure exceptionnelle. A été tué par éclats d'obus, le 20 mars 1916, au moment où il venait de remettre la Croix de guerre à des hommes de sa compagnie.

La Croix de guerre dont il était titulaire portait une étoile et trois palmes.