Dans la nuit du 5 au 6 mars 1916, la 4è Cie du 147è RI, commandée par le Lieutenant DE BRISIS, part à l'attaque du Moulin de Relincourt (55). Cette affaire a pour but de faire des prisonniers.
Depuis 2 semaines (21 février 1916) l'attaque sur Verdun a commencé.

Ernest REPESSÉ relève dans ses souvenirs :

[...] Vers 10 h, nous avons la visite du médecin-chef COFFINET venant donner des ordres au sujet d'une attaque qui doit avoir lieu ce soir afin d'obtenir des prisonniers.
M. GAND se rendra avec le Caporal-brancardier à son poste cet après-midi au point B. Les brancardiers de la 4è Cie qui doit attaquer, suivront cette compagnie, d'autres brancardiers avec les musiciens seront au poste de M. GAND. Un médecin sera sur la côte 294 pour recevoir les blessés et les diriger vers Lacroix.
Cette attaque doit avoir lieu vers 18 heures. Dans l'après-midi comme il y a des malades qui descendent à Rouvrois, je leur remets un petit bouquet de fleurs pour le remettre au Sergent CLAUSSE pour qu'il le porte au Capitaine PERONNE. Il va être surpris.
Le Capitaine SIMONIN vient nous rendre visite pendant que nous faisions de la photo avec M. KOLLEAU. A 19 heures, on entend à nouveau une canonnade et une fusillade dans la direction de Spada. L'attaque serait-elle déclenchée ? Nous sommes inquiets et attendons le résultat. Peut-être beaucoup d'hommes en moins.

Les brancardiers-musiciens reviennent avec un blessé de la 4è Cie à 23 h. Ce blessé a le nez enlevé et on ne peut rien savoir de précis par cet homme qui est exalté. Vers 23h30, un autre blessé arrive et nous informe que l'attaque a eu lieu sur la droite du Moulin de Roblincourt [Relincourt]. On se couche.

A 4 heures, le médecin GAND revient avec ANCIAUX. L'attaque serait ratée, une douzaine de blessés et 3 hommes (blessés ou tués) seraient restés dans les lignes. Donc c'est nous qui avons eu des prisonniers au lieu d'en faire et il paraît que le Lieutenant avait refusé de refaire une seconde attaque. Les brancardiers avaient suivi la Cie jusque dans la cour du moulin pour ramasser un blessé. [...]

Extrait de Témoignage 1914-1918 - Ernest REPESSÉ - Caporal infirmier 147è RI - Avec l'aimable autorisation de son petit-fils Michel.