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Le blog du 147e RI
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30 mai 2009

Novembre 1914 : arrivée d'un renfort

Début novembre un renfort de 295 hommes arrive au 147è RI. Parmi ces hommes il y a l'Adjudant Georges HUBIN, dont les mémoires ont illustrées les débuts de ce blog.
Reprenons ici le cours de son récit.

Les trois Bataillons se relayant, seul le troisième se trouvait au repos dans le village depuis trois jours ; il devait retourner en deuxième ligne le lendemain soir, la première ligne étant fournie par le premier Bataillon, relevant le deuxième qui, lui, allait venir au repos. Il y avait ainsi une espèce de roulement qui fonctionnait automatiquement, sauf les cas de bouleversements, comme il allait justement s'en produire un, un peu plus tard. Le front était tenu, à cet endroit, par les 9e et 18e Chasseurs à pied et par le 91e R.I. Le nôtre alternait avec le 120e de ligne. Notre renfort de 300 hommes fut réparti en 3 groupes de 100 hommes - un groupe par Bataillon - ; pour chaque Bataillon, 25 hommes par Compagnie. Pour ma part, je fus affecté à mon ancienne 2e Compagnie du premier Bataillon dont le commandement était entre les mains du Lieutenant DUCROT, le Capitaine DAZY ayant été nommé Chef de Bataillon en remplacement du Commandant BRION, nommé Lieutenant-Colonel dans un autre régiment de la Division. Mais le premier Bataillon étant en première ligne, on ne pouvait le joindre. On nous mit donc, provisoirement, en subsistance dans les Compagnies correspondantes du troisième Bataillon. Toute la nuit, nous avions entendu les coups de feu incessants sur le front du Four de Paris, qui formait un saillant dans nos lignes et où on avait installé une batterie de fusils dans une espèce de blockhaus de rondins. Elle tirait dix balles à chaque salve, pauvre petite attente d'une batterie de mitrailleuses dont nous étions fort démunis. Avant notre départ, fixé à quatre heures de l'après-midi, nous vîmes défiler devant nous le beau régiment tout neuf des Garibaldiens, parfaitement habillé et équipé de neuf, à la française, mais avec des effets bleu horizon - déjà - alors que nous autres n'avions que d'affreuses guenilles. Il était beau, ce régiment, pimpant, ordonné, astiqué. Mais il allait recevoir, quelques jours plus tard, un de ces baptêmes dont on ne se relève pas. C'est beau, l'enthousiasme des souvenirs et des poètes à la d'Annunzio ! Oui, ça fait bien dans les livres, les discours, les harangues ; mais la réalité était, à cette époque, autrement différente et brutale que les phrases ronflantes. Les pauvres gens allaient bientôt en savoir quelque chose !

Source : Georges HUBIN - Ma vie - Mes campagnes - Ma guerre  -  Tome V, avec l'autorisation de Michel EL BAZE

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