17 et 18 septembre 1914 - Bois de la Gruerie, Argonne
Extrait des carnets du Capitaine RIGAULT par son fils Jean RIGAULT in les cahiers du centre d'études argonnais :
Mes hommes sont transis de froid par leurs deux nuits au bivouac dans le bois : ils auraient pourtant bien besoin de manger. Les distributions arrivent enfin vers 10h30. Mais voilà qu'à 11 h les canons, les mitrailleuses et les fusils allemands crachent sur ma lisière. Les Allemands s'infiltrent dans le bois entre la 5è et moi. Mes sections de première ligne reviennent affolées : je les renvoie à leur place en faisant entrer à gauche ma section entre la 5è et moi. Peu à peu, les Allemands disparaissent. A midi, le calme est rétabli, mais vers 1 h, la fusillade reprend et toute la journée et toute la nuit nous sommes sur le qui-vive. Les hommes sont éreintés. La pluie tombe toujours. Ils couchent dans la boue. On ne dort pas. Les corvées se font de l'avant à l'arrière et augmentent les fatigues. Heureusement on nous apprend que la 5è brigade va nous relever vers 7 h. A midi 45, nous quittons seulement la place, laissée au 72è. Nous nous acheminons par un chemin fait par la 2/2.. vers la Harazée puis vers Le Moulinet, grande ferme au sud de Vienne la Ville. Nous y couchons et pensons nous y reposer.
Le JMO pour la journée du 18 septembre précise : Le service du 15 au 18 a été rendu très pénible par une pluie pénétrante, les tranchées étaient remplies d'eau, les chemins de bois rendus impraticables, les liaisons extrèmement difficiles.
Les hommes ont passé 3 jours et 3 nuits sur leurs positions sans abri et sans feu malgré la fatigue considérable qui résultait de cette situation, les hommes ont fait preuve de beaucoup de vigueur et de la plus grande énergie ; ils ont eu la satisfaction, particulièrement dans le secteur du 2è bataillon de combattre l'infanterie adverse et de remplir la mission qui leur a été confiée :
" ne pas céder un pouce de la position ".
