Les Soldats D..., S..., et S... du 147è RI - G... et B... de la 4è DI
Il y a quelques jours je vous relatais une exécution rapportée dans le JMO et dans les carnets du Capitaine RIGAULT.
C'était le Soldat Michel D... de la 5è Cie du 2è bataillon, le 19 septembre 1914.
On retrouve également mention de cette exécution dans le livre " Fusillés pour l'exemple " du Général André BACH, ancien chef du Service historique de la l'Armée de terre (SHAT) aujourd'hui Service historique de la défense (SHD).
Dans un extrait de ce livre, que Jean-Luc de la Réunion m'a communiqué, j'ai découvert que le Soldat D... n'était pas le seul à avoir été passé par les armes.
Au 147è RI il y eut aussi le Soldat Victor S... à la 9è Compagnie du 3è bataillon le 5 octobre 1914, et le Soldat Maurice S.... le 24 octobre 1914.
Lors de premières recherches sur le Soldat Maurice S..., j'ai appris qu'un autre chercheur avait retrouvé sa sépulture et qu'il était intervenu auprès de la Mairie pour qu'elle puisse être sauvegardée. C'est chose faite par Jean, la croix en béton qui l'orne est repeinte et la tombe fleurie. A coté de Maurice S... reposent 2 autres soldats décédés des mêmes suites.
Qu'il en soit ici remercié.
Je pense, peut-être à tort, qu'il est trop tôt pour indiquer les noms de ces combattants par égard pour les familles. Je ne suis pas le seul dans ce cas, mais d'autres avis existent et je les respecte. Il me semble que le dernier mot appartient à ces familles. Si au cours des recherches l'un des membres de celles-ci me contacte, s'il sont d'accord, alors je complèterai ces noms.
Avec ces soldats du 147è RI fusillés en 1914, 2 autres à la 4è Division d'infanterie (91è RI et 18è BCP) furent aussi passés par les armes : le Soldat Maurice G... le 18 octobre 1914, et le Soldat Augustin B... le 24 octobre 1914.
Ces 5 soldats ont été fusillés pour l'exemple, ils n'ont pas le droit à la mention Mort pour la France.
N'oublions pas qu'ils ont combattu d'août 1914 jusqu'à leur mort en septembre ou octobre 1914. Ils ont vécu et partagé les mêmes souffrances, les mêmes visions que leurs camarades de combat. Ils ont vu leur régiment (147è RI) perdre un tiers de ses effectifs en une journée (bataille de Yoncq), et avant cela la boucherie de Bellefontaine en Belqique, en septembre la Marne et enfin l'Argonne.
L'Argonne où l'ennemi est si proche mais pourtant invisible.
Comment après ces premières épreuves, ne pas flancher ? Comment ne pas avoir peur tout simplement ?
Pour 2 d'entre eux, j'ai retrouvé trace de l'inscription de leurs noms sur un Monument aux morts, pour les 3 autres pas encore. Leurs familles ont peut-être cherché à les faire réhabiliter lors des campagnes lancées par la Ligue des droits de l'homme (LDH) pendant l'entre deux guerres.