Maurice David SÉVERIN était né en 1881 à Francheval (08). Son père était filateur et sa mère tenait la maisonnée. Les témoins de sa naissance était l'instituteur de la commune et le contremâitre de la filature. Qu'ils devaient être fiers les parents, et quel honneur pour eux que ces notables apposent leur signature au bas de l'acte de naissance du petit Maurice.

A l'heure du recensement militaire, en 1901, Maurice était employé de commerce. Il vivait alors à Paris ainsi que ses parents.

Bon pour le service, il accomplit celui-ci au 67è RI entre 1902 et 1904. Il est Sergent lors de sa libération et reçoit le certificat de bonne conduite.

Il change de nouveau de domicile et part pour Montmédy (55) et se trouve rattaché au 147è RI où il est rappelé lors de la mobilisation. Il est affecté à la 11è Cie (3è bataillon).

Dans la nuit du 17 au 18 octobre 1914, Maurice est blessé à la main. Deux de ses hommes le soignent et le pansent. Une parole en l'air, un officier passe-t-il par là ? Un homme le dénonce-t-il ? Maurice se plaint que cette blessure ne le tiendra pas longtemps éloigné du front, à peine 15 jours.

C'est suffisant pour le casser de son grade de sergent et le remettre simple soldat. Il est affecté à la 10è Cie.

Mais....

Un doute subsiste probablement du côté de la hiérarchie qui demande une expertise médicale. Celle-ci et la contre-expertise se déroulent trois jours plus tard, le 21 octobre. Elles concluent toutes les deux à une mutilation volontaire sur la présence de traces noires suspectes autour de la plaie.

Le 22 octobre les quatre hommes qui étaient avec l'ex-sergent SÉVERIN sont interrogés séparément. Ils affirment que Maurice est revenu blessé mais sans son arme.

Le 23 octobre le conseil de guerre spécial du 147è RI se réunit à Florent en Argonne. Maurice est condamné à l'unanimité.

Le 24 octobre 1914 à 5h30, Maurice est passé par les armes près du lavoir de Florent en Argonne. Il avait 33 ans.

LAvoir-Florent

Il est inhumé dans le cimetière de Florent en Argonne et son nom figure sur le monument aux morts de Nogent sur Seine (10).

D'après les éléments figurant au dossier, sa veuve tenta des démarches en vue de sa réhabilitation en 1922, mais celles-ci n'aboutirent pas. Elle renonça et abandonna la demande de révision en 1924.

Maurice, régulièrement évoqué sur le blog sous le patronyme S..., retrouve son patronyme. Il avait échangé une correspondance avec son épouse et rédigeait un carnet de route : celui-ci n'a peut-être pas disparu et est probablement conservé par ses descendants.

Si tel est le cas, j'espère pouvoir un jour en prendre connaissance. Ce message le permettre peut-être.

Un article du Populaire de Paris évoque le cas du Sergent SÉVERIN en avril 1923 :

LE_populiare_29051923