La réponse ne s'est hélas pas fait attendre ; elle est rédigée au dos de la lettre retrouvée par Gaël :

Monsieur Coudray

J'ai reçu une lettre de vous aux tranchées, à laquelle j'ai fait réponse de par le dépôt ; car personnellement je n'ai pas le droit de vous répondre. Comprenant votre inquiétude, je viens aujourd'hui vous renseigner sur le sort exact de votre frère.

Le 21 octobre [1916] nous étions en position " tranchée des Grenadiers " dans le secteur de Berny en Santerre (Somme).

Vers la tombée de la nuit les Boches bombardaient assez violemment notre tranchée. Votre frère qui était couché avec un caporal dans un abri fut enseveli, un obus étant tombé à proximité de cet abri sans éclater. On se mit de suite à les dégager, et après on fit tout ce qui était possible de faire, pour les rappeler à la vie, mais nos efforts restaient vains. La mort avait fait son oeuvre.

J'ai fait retirer tous les objets personnels qui étaient sur votre frère et le l'ai remis à l'officier payeur qui a dû maintenant les envoyer au dépôt. Vous les recevrez en même temps que l'acte de décès.

Ne dites pas qui vous a répondu, si vous aviez besoin d'autres renseignements, je me tiens à votre disposition.


Salutations empressées.

J...

A suivre...