[...] Le lendemain matin [1er mars 1915], deux compagnies du 2è bataillon (5è et 6è), avec une section de mitrailleuses se portent de nouveau à l'attaque, mais elles se heurtent vers la lisière du bois du TRAPEZE à des positions solidement occupées et sont obligées de s'arrêter momentanément. Une compagnie cependant, après des efforts inouïs, atteint la lisière nord du bois. La lutte est âpre et le régiment subit des pertes cruelles.

Le Lieutenant-colonel DESPLATS est mortellement atteint au moment où, debout sur le parapet, il applaudissait à l'avance de ses hommes.

Sa mort priva le régiment d'un chef plein de coeur, au moment où le besoin s'en faisait le plus impérieusement sentir. Il est remplacé à la tête du régiment par le Lieutenant-colonel PICHAT.

Le 2è bataillon est arrêté dans sa progression : à sa droite, le 1er bataillon soumis à un feu de barrage intense, n'a pu gagner ses emplacements de départ. A sa gauche, le 3è bataillon est arrêté lui aussi par des feux violents de mitrailleuses. Le 2è bataillon doit alors revenir en arrière dans ses tranchées de départ. Cette pénible journée ne pouvait se clore sur cet échec : tant de bravoure et d'énergie ne pouvaient rester stériles.

A 23 heures, le 2è bataillon repart, appuyé à sa gauche par la 10è Cie (3è bataillon) et, malgré l'opiniâtre défense de l'ennemi et l'obscurité, réussit à prendre pied à la lisière nord du bois du TRAPEZE, mais il ne peut en déboucher. Il organise le terrain conquis. [...]