Paul RICADAT est hospitalisé à Dijon pendant 4 mois...

[...] Je tourne une page de ma vie de guerre.

J'en commence une autre au cours de la quelle je me sentirai mauvaise conscience de coucher dans un lit, d'être choyé de toutes sortes de gentillesses par les habitants de la ville, d'être bien nourri. L'idée des copains laissés, là-bas, dans la tranchée de St-Thomas ne me quitte pas.

LORIOT viendra me retrouver 6 semaines après, avec un doigt en moins coupé net par une balle.

Revivant par lz pensée ces 2 premiers mois de guerre, je suis étonné d'être encore de ce monde.[...]

Je sais bien qu'il me faudra retourner dans cet enfer, mais en cet instant, je n'ai plus qu'un désir : ne jamais retourner dans le secteur de l'Argonne. Ce nom est devenu pour moi synoyme d'épouvante.

Et chaque soir je m'endors en me berçant de l'espoir que la guerre finira peut-être demain.

 

Source Petits récits d'un grand drame - Paul RICADAT, avec l'aimable autorisation de son fils