Le train roule sur la ligne Dijon - Lyon - Marseille. Paul RICADAT espère aller jusqu'à Nice...

[...] Certains blessés souffrent atrocement. Ils se plaignent, empêchant d'autres de dormir. Notre gardien, lui, passe son temps à distribuer de la tisane et à tendre... l'autre quart, qu'il vide par la porte entrebaîllée. Il prodigue aux plus touchés quelques paroles d'encouragement [...]

Le train s'arrête en gare de Dijon

[...] L'infirmier ouvre la porte en grand, une bouffée d'air pur nous revigore. [...] Nous avons mis 19 heures pour venir de Ste Menehould.[...]

La descente du train :

[...] J'éprouve bien du mal à me tenir debout, mes jambes tremblent, j'ai des vertiges, ma tête tourne. Je m'asseois par terre contre un baraquement. Une dame de la Croix-Rouge m'apporter un bol de bouillon bien chaud, je l'accepte avec reconnaissance. Je lui demande une carte posteale et un crayon. J'écris un mot chez moi pour informer qu'une petite égratignure à la tête va me maintenir ici quelques jours. Je devais y rester 4 mois.
Bientôt on vient me chercher. Appuyé sur MARZIN d'un côté, sur un infirmier de l'autre, j'arrive à la sortie. Des taxi-ambulances nous enlèvent et nous déposent à la caserne Dampierre transformée en hôpital.[...]

Source Petits récits d'un grand drame - Paul RICADAT, avec l'aimable autorisation de son fils