6 octobre :
Nos troupes remportent des succès, l’Allemagne parle de paix, le grand mot est lâché, le prince Max de Bade cède aux conditions de Washington.

9 octobre :
Pluie et vent, 6ème anniversaire de mon entrée au régiment ! Dieu comme ce jour me semble encore proche. Je me vois encore franchir la grille de la caserne Mac Donald, que de bons souvenirs cela n’évoque-t-il pas.

16 octobre :
Enfin, Dieu soit loué, j’ai la joie de recevoir un colis, donc enfin rassuré, mes Parents ont eut des nouvelles de moi.

19 octobre :
J’ai de nouveau le bonheur de recevoir 3 colis dont 2 de mes Parents. Je suis heureux, car ils savent maintenant où je suis. Beaucoup de camarades en reçoivent aussi, dans les barakes, c’est la joie. Le soir, nous apprenons la marche victorieuse de nos troupes et la délivrance de pas mal de grandes villes.

Une sentinelle allemande vient pour acheter du chocolat, chose qui lui est refusé. Nous lui faisons jouer la Marseillaise mais il se refuse à jouer le Deutschland über alles, car il nous dit, non sans un air de tristesse que l’Allemagne n’est plus au-dessus de tout. Les camarades se lèvent, le camarade HIVENAT se met à faire la cuisine à 11h du soir et mes amis NICHET et RAUVET me réveillent à 1h  du matin pour m’offrir une tasse de cacao. Notre camarade JACQUET composa de la musique, soirée inoubliable pour moi.

23 octobre :
Reçois à nouveau 1 lettre et une carte de France.

25 octobre :
Grande est ma joie,je reçois une carte du 8 septembre de mes chers Parents.

Avec l'aimable autorisation de Jean-Pierre, petit-fils d'Henri THOMASSIN