Des carnets du Capitaine RIGAULT

Jusqu'à 8 h, le brouillard nous permet de nous lever et de faire le café. A 8h40, la canonnade allemande commence. Quelques 150 s'en donnent. Vers 10 h, elle arrive vers nous. A 11 h, quand je vais déjeuner, un de nos hommes vient de recevoir un éclat d'obus dans la cuisse. Entre-temps, le colonel nous apprend que Melzicourt doit être abandonné par le 328. L'Adjudant CLOCHE aperçoit en effet vers 13 h quelques casques à pointe. Mes 1ère et 3è sections ont achevé leurs tranchées vers Melzicourt et le commandant se préoccupe de cette situation que lui fait la 5è brigade. 13 h, on entend une mitrailleuse du côté du 3è bataillon, puis une autre du côté de la 8è [Cie]. Elles tirent, paraît-il, sur les blessés qui sortent à tort de leurs tranchées. Le 150 continue à nous empêcher de sortir. Et dire que, pendant ce temps, notre petite artillerie laisse en paix dans des gourbis analogues aux nôtres ces cochons de Bosches (sic). Heureusement encore qu'ils ne savent pas faucher et que, pour changer de direction leur tir, ils mettent un certain temps. La journée se termine enfin sans incident fâcheux et, vers 7 h, la corvée de cuisine et le remplacement de la première ligne s'opèrent comme d'habitude. Ce n'est cependant pas sans inquiétude que je fais occuper par 3 sections de ma compagnie des tranchées qui ont été complètement bouleversées par des obus de 15 mm pendant la journée, avec, sur le flanc gauche de l'autre côté de la rivière, la menace allemande toujours possible.

Le secteur occupé par le Batailon JEANNELLE :

jmo51

Source : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/ - JMO du 147è RI